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Notre
philosophie : |
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Notre
concept d'aquariums clés en mains n'est
pas né du hasard ; il part du constat
des nombreuses difficultés rencontrées
par l'aquariophile néophyte qui bien
souvent abandonne son nouvel hobby après
seulement quelques mois de pratique. A moins
d'un an, on estime ainsi à plus de 50
% la proportion
d'aquariophile
débutant « qui jette
l'éponge ».
L'aquarium qui finit à la cave ou au
grenier demeure donc encore trop fréquent
!
Qualifié
par certain de compliqué car il est vrai
que les paramètres à prendre en
compte peuvent paraître nombreux, l'aquariophilie
traditionnelle ne demande pour autant pas de
compétences particulièrement pointues.
L'application de bons conseils prodigués
par des professionnels sérieux et compétents
peuvent pallier au manque d'expérience
du débutant.
Un aquarium sain et équilibré
n'appelle généralement que peu
de travaux d'entretien et le temps que l'on
y consacre est bien en deçà de
ce qu'on entend dire parfois.
Pour
le passionné, un aquarium parfait n'existe
pas, mais la satisfaction
d'obtenir un ensemble réussi, agréable
à contempler est aujourd'hui à
la portée d'un plus grand nombre et cela
sans nécessairement y investir une somme
excessive.
Mais il n'en demeure cependant pas moins vrai
que le caractère financier est à
prendre en compte dans tous projets d'acquisition
d'aquariums de taille respectable car l'investissement
de départ est non négligeable.
Loin
des notions commerciales induites de par mon
activité je mettrais ici
l'accent
sur deux des principales dérives actuelles
de l'aquariophilie moderne qui à
mes yeux desservent sa démocratisation
:
L'actuel développement du marché
aquariophile consiste à proposer toujours
plus de produits de maintenance. Présentée
comme indispensable au bon fonctionnement de
nos aquarium, cette progression est particulièrement
flagrante depuis quelques années.
L'expansion
de ce commerce est en effet considérable,
de nombreuses marques apparaissent régulièrement
sur les rayons des animaleries, chacune apportant
son lot de révolution et de procédé
novateur.
L'éventail
aujourd'hui proposé me paraît vraiment
démesuré par rapport aux réels
besoins de l'aquariophile et répondent
de plus aux mauvaises questions à savoir entre
autres :
-
Comment puis-je diminuer le délais nécessaire
pour pouvoir introduire mes poissons le plus
vite possible ?
-
Comment s'affranchir des pourtant indispensables
changements d 'eau ?
-
Quel produit me permettra de me débarrasser
des algues en pagaille ?
-
Mes plantes ne poussent pas, quel engrais puis
je ajouter ?
-
Mes poissons meurent un par un, quel médicament
va pouvoir les guérir ?
-
Mes poissons sont agressifs entre eux ;
comment les calmer ? ...
Voilà
quelques questions qui reviennent souvent aux
oreilles des animaliers qui, bien souvent sans
essayer de connaître les causes du déséquilibre,
trouvent réponse dans l'un de ces nombreux
produits. Et si au final cela ne marche pas,
vous pouvez toujours venir acheter de nouveaux
poissons...
L'une des principales règles dans la
maintenance des aquariums est que l'on doit
considérer l'aquarium comme un ensemble,
certes entièrement artificiel, mais poosédant
tout de même de nombreuses similitudes
avec les mécanismes biologiques et chimiques
observés en milieu naturel.
Partant
de ce principe, inutile donc d'espérer
obtenir un aquarium sain et équilibré
en faisant une confiance aveugle aux étiquettes
prometteuses des produits, transformant votre
aquarium en véritable bouillon de culture.
Une
maintenance réussie d'un aquarium est
établie en évitant de multiplier
les interventions intempestives, en gardant
à l'esprit qu'un aquarium demande un
minimum de patience, en respectant les quelques
principes de base d'entretien, en cherchant
les causes d'un déséquilibre éventuel
avant de chercher à le combattre par
l'administration de tel ou tel remède.
La multitude de produits sensés nous
faciliter la maintenance nous amène maintenant
à considérer l'aquariophilie comme
de plus en plus compliqué, les paramètres
à prendre en compte paraissent de plus
en plus nombreux et le choix des produits
devient difficile sans conseils préalables.
Si
seulement les prix pratiqués sur ces
produits étaient raisonnables... C'est
malheureusement loin d 'être le cas et
en règle générale, conditionnement
miniature rime avec tarifs élevés.
Que dire alors lorsque les résultats
nous paraissent peu probants ?
Le
principe commercial de tous détaillants
aquariophile (animalerie & jardinerie) est
de proposer l'aquarium, souvent fourni avec
son équipement de base (filtration, éclairage
et chauffage) à un tarif compétitif,
les marges étant généralement
basses.
Par contre l'addition devient plus salée
lors de l'acquisition de tous les autres éléments
nécessaires à l'installation.
Là les coefficients sont bien plus confortables
aussi bien du coté distributeurs que
fournisseurs. (exemple des éléments
de décoration, masses de filtrations,
accessoires d'entretien ou encore des plantes
et des poissons).
Depuis
maintenant quelques années, on observe
également une offre des grandes surfaces
en aquariophilie. Là attention, en dehors
des quelques promotions intéressantes
sur un aquarium équipé (mais seulement
des aquariums bas de gamme de petit volume),
les tarifs proposés aux rayons aquariophilie
sur les accessoires et l'alimentation sont souvent
encore plus élevés que dans ceux
des animaleries.
C'est
certainement le développement des circuits
commerciaux qui permettent la diffusion des
techniques de maintenance modernes auprès
d'un plus large public, mais ces dérives
aussi bien en termes de nombre que de prix sont
finalement préjudiciables à la
démocratisation de l'aquariophilie car
elle décourage les aquariophiles non
avertis qui, faisant confiance aux étiquettes
et aux conseils du vendeur ne se permettront
pas longtemps de consacrer un budget substantiel
à ce loisir pour arriver finalement au
même constat d'échec.
Je
ne discrédite pas ici l'ensemble des
produits proposés car certains apportent
réellement un progrès incontestable
et permet la maintenance dans de meilleures
conditions d'un nombre croissant d'espèces
(colonies de bactéries, masses filtrantes
plus efficaces, matériel innovants...).
Je
ne met pas non plus tous les magasins aquariophile
dans le même panier car il subsiste toujours
quelques commerçants sérieux qui
prennent le temps de vous conseiller en vous
aiguillant sur l'application des principes élémentaires
avant de chercher à vous vendre un maximum
de produits.
Mais force est de constater que la majorité
des détaillants plus soucieux « de
faire du chiffre » font partie des
jardineries franchisés qui aux yeux du
consommateurs sont pourtant un gage de sérieux
et de qualité.
Cette opinion somme toute personnelle s'est
établie suite à une longue pratique
aquariophile (on à tous un jour débuté)
privilégiant la notion d'équilibre
naturel à celle d'équilibre reconstitué
« chimiquement ».
La
demande en poissons d'ornement à été
de part le passé, satisfaite essentiellement
par les prises directes dans les milieux naturels
aboutissant parfois à une pression de
pêche excessive, amplifiée du fait
d'un pourcentage de pertes important durant
les nombreuses étapes de transit ou d'acclimatation.
Ainsi
une raréfaction de certaines espèces
privilégiées par l'aquariophilie,
a eu lieu dans certains biotopes, c'est le cas
du Discus et du Scalaire en Amazonie ou des
Cichlidés des grands lacs Africains.
Depuis maintenant une vingtaine d'années,
l'élevage a remplacer les prises directes
dans le milieu naturel car les techniques de
maintenance sont dorénavant suffisamment
perfectionnées pour permettre l'élevage
de la très grande majorité des
espèces d 'eau douce (plus de 95 % en
volume).
Demeure cependant le problème de certaine
espèces qui se reproduisent mal en captivité.
C'est le cas de nombreux Characidés et
notamment du célèbre Néon
Cardinalis où la pêche à
l'état juvénile puis le grossissement
dans les fermes aquacoles reste toujours plus
rentable que sa reproduction en captivité.
Les
poissons de mer, dans leurs quasi-totalité
sont encore péchés dans leurs
milieux naturels.
Les taux de mortalités sont très
élevés. Les méthodes de
pêche, les conditions d'acheminements
et de stockage des poissons sont telles qu'il
est couramment admis par la profession d'un
taux de perte, toutes étapes confondues
de plus de 50%.
Les
récents succès de reproduction
en aquariophilie marine ainsi que l'expansion
de sa pratique, sensible mais réelle,
permettent cependant d'entrevoir une diminution
de ces prises dans un futur proche.
La
quasi totalité des poissons d'eau douce
rencontrés dans nos aquariums sont issus
d'élevages basés en Asie (Indonésie,
Syngapour et pays limitrophes) et depuis peu
de temps en Europe de l'Est. Actuellement environ
85% des importations de poissons d'élevage
proviennent des pays extra-communautaires et
seuls 15 % des pays d'Europe de l'Est.
Mais ont peut penser, devant l'émergeance
de ces pays et devant l'élargissement
de l'Union Européenne une diminution
rapide de ce rapport.
En
règle générale les élevages
d'Asie privilégient la quantité
au détriment de la qualité.
Les notions de rentabilité s'exercent
ici comme dans tous autres secteurs d'activité,
la main d'oeuvre bon marché et les installations
techniques souvent sommaires, supplantent les
coûts d'acheminement vers les importateurs
Européens.
Au
cours de leurs nombreuses étapes d'élevages,
les poissons sont manipulés, entassés
et traités régulièrement.
Il faut ainsi considérer le poisson que
vous venez d'acheter comme un « réscapé »
qui arrive, enfin, en période de convalescence
dans votre aquarium.
Lors de cette phase d'acclimatation,
une observation attentive est nécessaire
car ces poissons, fragilisés et stressés,
seront plus facilement exposés aux maladies,
bien souvent fatidiques lorsqu'elles ne sont
pas traitées à temps.
Il
est donc impératif à tout aquariophile
d'observer scrupuleusement l'état de
santé de l'ensemble des poissons proposés
chez son détaillant et de ne pas hésiter
à le questionner sur leurs origines et
leurs méthodes d'élevages.
Une
autre dérive de l'aquariophilie moderne
réside à mes yeux dans le développement
de variété de poissons "trafiqués"
outre mesure.
Les Chanda aux couleurs fluo ; les Japonais
bubble, les Scalaires super-voile deviennent
courants dans les animaleries.
Outre
la notion d'étique que l'homme se doit
d'apporter envers le monde animal, la question
du bien fondé de la création de
ces variétés dénaturées
est posée.
Sans parler de leur attrait physique fortement
discutable, ces charmantes petites bêtes
sont généralement bien plus fragiles
que les espèces classiques et leur handicap
génétique les prive d'un comportement
normal.
En règle générale ces poissons
meurent plus fréquemment dans nos aquariums
et, dans tous les cas, leur espérance
de vie demeure inférieure à celles
des autres espèces.
Où
réside alors l'intérêt de
proposer ces poissons alors que l'offre en espèce
courante, donc plus robuste est largement suffisante ?
La
majeure partie des détaillants vous le
dira : pourquoi refuser une vente si le
client semble si demandeur de cette nouvelle
variété aux couleurs et à
la forme si atypique ?
On ne peut pas leur jeter la pierre mais force
est de constater que certains commerçants
se montrent tout de même bien dociles
et, on peut dire que d'une certaine manière,
en proposant ces poissons, ils en conditionnent
la demande.
Certains détaillants plus serieux font
le choix de ne pas vendre ces espèces
mais la majeure partie des autres n'essayera
pas de vous aiguiller vers une espèce
plus ordinaire et donc plus viable.
Avant
tout donc, un gros travail de responsabilisation
de l'acheteur doit être réalisé.
Il faut rejeter les effets de mode et refuser
de considérer un poisson comme un consommable,
une curiosité amusante, un jetable qu'il
faut remplacer régulièrement.
Et il y'a du travail...
Le
récent exemple de la forte demande en
poisson clown engendré par "l'effet
Némo" est particulièrement
inquiétant ; Plusieurs milliers de ces
poissons ont été vendu suite à
ce dessin animé qui, pourtant, vehiculait
un message "écologiste" de
sauvegarde du milieu marin. Combien d'entre
eux ont réussi à survivre dans
les mini aquariums "spécial Némo"
?!...
Il
est vrai que l'affection apporté à
nos poissons demeure beaucoup plus faible que
celle que l'on apporte à nos autres animaux
domestiques.
Hormis le trop célèbre poisson
rouge dans son bocal ou le tout nouveau poisson
combattant dans sa lampe, le nombre de sujets
peuplant un aquarium est important et le contact
ne réside que dans le visuel.
A l'unité leurs prix sont abordables
et de toute façon les pertes sont fréquentes
et ce dans tout parcours aquariophile.
Mais si il était possible de les limiter
par un peu plus de bons conseils, de sérieux
et de compétence chez le vendeur, par
un peu plus de responsabilisation et de recherches
d'informations chez l'acheteur, un pas en avant
serait effectué.
L'aquariophilie est un loisir passionnant et
pas si compliqué pour celui qui, bien
conseillé dès le début,
cherche à maintenir dans le temps un
aquarium équilibré « naturellement »
et peuplé de poissons adaptés
à leur environnement.
Yvan
COTARD.
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